C'est le pays de la surréalité, des éléments du réel qui cafouillent, des détails absurdes qui s'insinuent, fissurent la réalité. Des hommes aux lampadaires en équilibre sur le crâne se baladent dans le quartier, on en croise 3 à midi, S. en a revu un dans l'aprem et ce soir c'était 5 d'entre eux au bord de la main road. Un homme court les bras en l'air au bord du trafic. Au milieu d'une route de folie, un homme allongé se fait contourner, parfois agite un bras, jusqu'au prochain bus. Les bus sont sans coeur. Des enfants nus t'attrapent au corps quand tu t'apprêtes à risquer ta vie en traversant la route. Une chèvre morte pendue à un arbre par la patte arrière en plein milieu de la campagne déserte. Une femme en sari fait caca au bord de la route. Tu peux danser sur de la musique trans au milieu des punks à Goa mais toujours un enfant au regard liberté peux tirer ta manche et te dire qu'il a faim, qu'il soit minuit, 2 heures du matin ou n'importe quoi, que tu ais pris des acides ou fumer de l'opium, il n'y a pas d'heure pour la faim.
On regarde les hommes lampadaires en riant et eux qu'est ce qu'ils trouvent le plus étrange dans ce paysage fissuré, c'est nous. Ils nous regardent avec ce même rire de perplexité, la noire et la blanche de west marredpally.
Ici, prends toi dans la face toute l'étrangeté de ce monde, en images contradictoires, en surgissements et en tabous dévoilés.
C'est le monde des cocktails à 50 euros dans les hôtels de luxe et des samosas à 3 roupies.
Au milieu des klaxons et des lumières des phares, on marche, pas de trottoir et des bus partout, n'en pouvant plus des fumées noires étouffantes et de la peur de mourir, je me fous mon sac en papier sur la tête et marche en autiste. Sarah rigole :"les gens te regardent moins quand tu as ton sac sur la tête que quand tu l'as pas"
Alors c'est moi l'étrange ici? étrangère, étrangeté, monde étrange.
La question de l'identité ce n'est pas la question de l'identité.
