27 février 2012

Voilà entre mon papa et ma maman je ne suis plus si vieille mais juste la plus grande des soeurs, un peu endurcie par l'Inde, un peu changée et débrouillarde et dure face à la misère et violente face au harcèlement de la misère.

Il faudra rompre avec F. un jour. Je me sens bien avec lui, à ses côtés je suis une personne meilleure, et plus belle, mais je fatigue vite. Et tout ça nous a beaucoup abîmé, c'est sa faute, je ne l'admire plus, j'aime pas ce qu'il fait, j'aime pas me rendre compte qu'il n'est pas débrouillard, pas passionné, pas actif par rapport aux choses, pas ambitieux, pas tellement en phase avec les gens et au final pas si curieux que ça. Je le lui reproche, il m'en veut, il est là depuis une semaine et n'a pas encore commencé à chercher un appart. On avait bien dit qu'on ne vivrait pas ensemble. ET en gros ça fait 6 mois qu'on vit à moitié une relation à distance, à moitié une relation de quotidien partagé. Je lui en veux. Je sais que c'est déplacé, qu'il a tout fait pour me garder, quitte à traverser le monde, mais la relation n'est plus aussi épanouissante pour moi qu'au début.

J'en suis arrivée au moment où la relation ne me sert que comme beau miroir d'amour propre, et c'est sale et dégueulasse. Il faudra rompre à un moment où la vie sera plus simple. Et rompre de façon très propre et saine. Ne pas faire de dégat. Je veux rester avec lui parce que je me souviens comment c'était avant et c'est ça que je veux. Je ne suis pas sûre de trouver quelqu'un d'aussi bien. Mais j'ai envie de sortir avec d'autres garçons, de ressentir d'autres choses.

C'est horrible parce que je me sens encore amoureuse de lui, je le trouve beau et drôle, je suis tellement bien contre lui, je le trouve tellement beau, il m'émeut vraiment, quand il me sourit il me tue. Mais je me rends compte qu'on a peut-être pas tant que ça de choses en commun. Et je m'en veux de lui faire subir mes sautes d'humeur et je m'en veux de ne plus l'aimer autant qu'avant.

À côté de ça on se fait de grandes déclarations auxquelles je participe avec enthousiasme, pour essayer de me convaincre. Et ce qui me fait le plus peur: que lui aussi derrière l'amour triomphant répété se soit fait les mêmes révélations.

J'écris ça la gorge nouée.

Voilà ce blog aura vu toutes les étapes et tous les troubles si connus et pourtant si surprenants d'une histoire d'amour.

J'ai envie de mourir j'ai envie de mourir j'ai envie de mourir

 

Posté par Diotie à 12:54 - Commentaires [1]


17 février 2012

Vieillir. Voilà que le corps se dégrade alors qu'on n'en attendait pas tant, pas déjà. Et je suis déjà face aux considérations existencielles des vieux, il va falloir trouver un vrai sens avant que le corps ne tombe tous nos beaux apparats. On pourait se suicider avant la vieillesse et j'y pense souvent, mais à quel moment déterminer la date limite, le pire ce n'est pas de vieillir c'est vieillir sans s'en rendre compte.

Et je tombe, 10 fois par jour je tombe, j'essaie d'épuiser ce corps et il tombe en échange. Le seul vrai sens de ma vie est d'aller jusqu'aux bouts des possibilités du corps, jouer au jeu des extrêmes avec lui.

Je ne pensais pas que je commencerai à vieillir si tôt, comment passer de l'enfance à la vieillesse sans passer par l'âge adulte? J'ai été grave très tôt, j'ai été stupide légère et ivrogne trop tard, j'ai menti sur mes doubles vies pour masquer les lacunes carrences de mon adolescence.

Trop de lacunes dans cette vie, quelle est ton intensité de vie? À quel degré de vie as tu vécu? Pas assez fort alors pourquoi le corps s'abîme déjà.

Parfois je veux des enfants. Je pense à un choix de métier, je sais qu'il faut la sécurité économique, pas pour moi mais pour les enfants. À quel degré est-ce une hypocrisie? J'ai dit que pour avoir un enfant il faut être pleinement épanoui, être bien en soi et avec soi, apaisé. Ne pas attendre de l'enfant l'apaisement. Maintenant je ne sais plus, je sais que le moment de l'apaisement ne viendra peut-être jamais.

Je pense à lui, qui me brûle et m'apaise. Il m'a dit que je suis la 1ere fille avec qui il se dit que ce pourrait etre bien d'envisager un avenir commun. Voilà qui m'a rassuré et pulvérisé dans le même moment. C'était tout ce que j'attendais depuis le début, je m'en suis rendue compte, quand j'attendais le premier je t'aime, quand j'attendais les signes de tendresse, j'attendais simplement la promesse d'une durée, l'envie d'un toujours formulé. ça a pulvérisé mon attente et mon amour. C'était tout et ce n'était rien, on venait de se disputer parce que j'avais envie de faire pipi ou parce que j'avais parlé de sarkozy, je m'en souviens plus. Et puis il m'avait traité de maso, comme il me cerne si bien et que je refuse en bloc quand il dit ça.

Parfois mon amour déborde et me fait sortir des abérations:

-"je voudrais t'épouser"

- rire géné de lui puis "t'es sérieuse?"

- "bin non je suis pas sérieuse moi avant d'épouser qqn je dois coucher avec 5 mecs suplémentaires... et tomber amoureuses 4 fois"

- "connasse"

 Parfois je suis pragmatique et je me dis que je devrais procréer avec lui: parce qu'il serait un père génial, parce que je ne suis pas sûre de trouver quelqu'un d'aussi chouette qui m'aime et me supporte, parce qu'il est génialement drôle et spontané, parce que la vie avec lui est belle et simple, parce qu'il est curieux et plein de possibles, et parce qu'il a du fric bien rangé et ainsi je peux balayer la nécessité sécurité économique de mes priorités professionnelles (puisque c'était sensé être pour mes enfants) S'il est le père; les enfants sont protégés économiquement. Reste à savoir s'il voudra faire un enfant avec moi et si je suis prête à faire exploser mon ventre de vergétures.

Je trouve ces considérations complètement hallucinantes, pourtant je les ai bel et bien eu.

Posté par Diotie à 00:09 - Commentaires [0]
01 février 2012

Comment tu grandis?

Pour la première fois, je me vois comme un capital vieillesse. Etale la crème là où commence à plisser la peau. La peau est sans pitié. Au coin des yeux, se creusent mes sourires, mes fous rires en centaines de minuscules fissures.

Tout se fissure.

C'est ce pays. Qui me fait gémir au milieu de l'air noir de la circulation : "mon espérance de vie..."

Ce n'est pas seulement que les gens meurent plus ici, c'est surtout qu'ils ne meurent pas dans leur lit. Au chauffeur de rickshaw de 70 ans de faire une attaque au volant, en attendant l'étudiant qu'il vient chercher tous les jours à l'Alliance. À l'homme mort sur un trottoir que personne ne vient chercher. À l'enfant nu emporté par un bus.

Tout ça fait vieillir.

Comment fonctionner encore au moteur estime de soi ? Ici, tous mes moteurs d'estime de soi sont renvoyés à leur futilité. Choisir avec soin sa tenue, s'obliger à des restrictions caloriques, être la plus spirituelle possible en soirée, parvenir à des conversations élevées, plaire à tout le monde, réussir ses études, se cultiver, vouloir du visible, jeter son énergie à corps et âme dans la surface. Être du côté des winners. Ici, les gens ne sont pas exigents avec toi, les indiens parce que tu ne seras jamais un des leurs et que ton attrait est assuré par ta blancheur de peau, les expats parce qu'ils n'ont de toutes façons pas grand chose à se mettre sous la dent.

Alors il faudrait fonctionner au facteur humain. Et la question serait de parvenir à être une bonne personne. De parvenir au maximum de partage et de don de soi. Blablablabla. On serait plus heureux avec cette exigence là, une exigence qui vient de l'intérieur, pas de l'exterieur.

 

 

Posté par Diotie à 12:08 - Commentaires [0]


  1